Publié le 1 janvier 2026

Malus auto 2026 : ce qui change (vs 2025), combien ça coûte et comment éviter les pièges (neuf & occasion)

L'essentiel. À partir du 1er janvier 2026, acheter une voiture polluante ou lourde en France coûtera encore plus cher en taxes. Le malus écologique se durcit : le seuil CO₂ baisse à 108 g/km et le plafond grimpe à 80 000 €. En parallèle, la taxe au poids frappe dès 1 500 kg (contre 1 600 kg). Conséquence : plus de deux tiers des modèles neufs seront malussés. Qu'en est-il de l'occasion ? Seule la première immatriculation en France déclenche ces malus, mais les importations d'occasion restent concernées. Cet article fait le point complet – barèmes, comparatifs 2025/2026, cas pratiques (neuf, occasion France ou import) – et livre des conseils concrets pour éviter les mauvaises surprises.

Ce qui change en 2026 (en 8 points clés)

Comprendre le malus automobile 2026 : CO₂ + poids, un duo de plus en plus coûteux

Le malus automobile en vigueur en France se compose de deux taxes cumulatives, exigibles lors de la première immatriculation du véhicule en France :

Seules les voitures particulières (catégorie M1) et certains dérivés (ex : pick-ups double cabine) sont soumis à ces malus. Les utilitaires légers (fourgons, camionnettes CTTE sur la carte grise) en sont exonérés, tout comme les véhicules spéciaux (camping-cars, ambulances, etc.). Par ailleurs, des exemptions permanentes s'appliquent : véhicules électriques et hydrogène, véhicules pour personnes handicapées (aménagement fauteuil roulant ou bénéficiaire d'une carte d'invalidité) ne paient ni malus CO₂ ni taxe au poids. Les familles nombreuses (3 enfants ou plus) peuvent, quant à elles, demander le remboursement d'une partie du malus (voir plus bas).

Malus CO₂ 2026 : seuil abaissé, barème alourdi

Au 1er janvier 2026, le barème du malus CO₂ devient encore plus strict. Le seuil d'émission taxable chute à 108 g/km, contre 113 g en 2025. En clair, dès 108 g/km de CO₂ (WLTP) émis, votre véhicule neuf sera malussé 50 € en 2026, alors qu'en 2025 il fallait atteindre 113 g pour payer ces 50 €. Plus le CO₂ augmente, plus le montant grimpe, selon une grille progressive définie par l'État.

Plus de voitures concernées

Avec 108 g comme seuil, une majorité de modèles essence et diesel, même de puissance modeste, se retrouvent malussés. Selon une étude du cabinet Dataneo, 72 % des véhicules neufs vendus seront frappés par le malus en 2026. C'est le cas par exemple de la citadine Renault Clio 6 essence 115 ch (114 g/km WLTP) : 190 € de malus en 2026 (elle y échappait de peu en 2025). Sa rivale Peugeot 208 PureTech 100 ch (118 g) passe de 170 € en 2025 à 260 € en 2026. Même des citadines hybrides légères ou des compactes sobres peuvent dépasser 108 g en usage réel WLTP – un comble pour le consommateur qui découvre cette ligne de taxe sur la facture finale.

Sportives et grosses cylindrées : malus maximum

En 2025 déjà, la quasi-totalité des voitures de sport ou à moteur puissant atteignaient le plafond de 70 000 €. En 2026, le constat empire : dès qu'un véhicule émet 192 g/km ou plus, le chèque de 80 000 € est requis. Cela touche des modèles parfois inattendus : par exemple, la petite Toyota GR Yaris (3 cylindres 261 ch) – pourtant compacte – dépasse 190 g et écopera du malus maximal. Les gros SUV, berlines et voitures de luxe à moteur V6, V8 ou plus auront quasiment tous 80 000 € de malus CO₂, intégré dans le prix de vente. À noter que le malus CO₂ s'applique aussi aux véhicules importés neufs ou d'occasion (voir partie 3) : acheter à l'étranger une voiture puissante pour éviter la taxe ne fonctionne pas, vous paierez lors de l'immatriculation en France.

Taxe au poids 2026 : seuil abaissé et (certaines) électriques désormais visées

Depuis 2022, le malus CO₂ est complété par une taxe sur le poids du véhicule (dite aussi « malus au poids »). Cette taxe 2026 concerne tous les véhicules de tourisme (cat. M1) dont la masse en ordre de marche dépasse 1 500 kg. Le seuil baisse donc de 100 kg par rapport à 2025 (1 600 kg).

Barème 2026 de la taxe au poids

La formule est progressive par tranches de poids excédentaire, de la façon suivante :

Concrètement, on additionne chaque tranche. Par exemple, un véhicule de 1 820 kg en 2026 paiera : 199 kg × 10 € + 99 kg × 15 € + 20 kg × 20 € = 3 875 € de malus poids. Plus le véhicule est lourd, plus les tranches supérieures (25, 30 €/kg) seront sollicitées, ce qui fait vite exploser la note.

Comparaison 2025

Le seuil était de 1 600 kg, avec un barème similaire sauf la dernière tranche : en 2025, le tarif de 30 €/kg ne s'appliquait qu'à partir de 2 100 kg. En 2026, cette tranche 30 €/kg démarre dès 2 000 kg. Résultat : un SUV de 1 800 kg payait ≈2 520 € en 2025, contre 3 875 € en 2026 (cf. calcul ci-dessus) – soit +1 355 € (+54 %) sur ce seul malus poids. Autre exemple, un gros véhicule de 2 200 kg : ~11 030 € en 2025, ~14 030 € en 2026 (avant plafonnement éventuel, voir plus bas).

Cumul malus CO₂ + poids : plafonnement et suppression annoncée

Officiellement, la somme des deux taxes ne peut pas dépasser le montant maximal du malus CO₂. En 2025, tout cumul supérieur à 70 000 € était plafonné à cette somme. En 2026, le plafond combiné reste 80 000 € (max CO₂) : si votre CO₂ atteint déjà 80 000 €, la taxe au poids ne s'ajoute pas. Par exemple, un SUV essence de 2100 kg émettant 200 g/km serait théoriquement malussé à ~94 000 € (80k CO₂ + ~14k poids), mais en réalité il paiera 80 000 € tout compris grâce au plafonnement. Attention toutefois : le gouvernement a prévu de supprimer ce plafonnement à l'avenir (c'est inscrit dans le PLF 2026). D'ici 2028, un véhicule très lourd et très polluant pourra cumuler bien au-delà du plafond actuel ; le malus CO₂ maximal atteindra d'ailleurs 100 000 € en 2028 selon la trajectoire votée. En 2026 et 2027, on reste toutefois sur un plafond égal au malus CO₂ (80k puis 90k €).

Exemptions et abattements (malus poids)

Certains véhicules bénéficient de réductions de poids pour le calcul de la taxe :

Comparatif 2025 vs 2026 : les barèmes en un clin d'œil

Pour visualiser l'évolution, voici deux tableaux synthétiques comparant les seuils, barèmes et plafonds de 2025 et 2026.

Malus CO₂ : seuils et plafonds 2025/2026

Critère Malus CO₂ 2025 Malus CO₂ 2026
Seuil de taxation ≥ 113 g/km : 50 € de malus (112 g ou moins = 0 €) ≥ 108 g/km : 50 € de malus (107 g ou moins = 0 €)
Progressivité de 50 € (113 g) à 67 467 € (192 g), puis 70 000 € au-dessus. Chaque gramme ≈ +50 à +2 500 € (hausse exponentielle) de 50 € (108 g) à 79 911 € (191 g), puis 80 000 € à 192 g et plus. Barème durci (+30 à +2 800 €/g environ, selon zone)
Plafond (véhicules neufs) 70 000 € au-delà de 192 g/km (193 g et +) 80 000 € au-delà de 192 g/km
Plafond (véhicules importés d'occasion) Barème de l'année de 1ère immat. appliqué (ex : 2018) + décote âge. Plafond identique à l'année considérée (ex : 2018 : 10 500 €) Barème de l'année de 1ère immat. appliqué (ex : 2019) + décote âge. Plafond identique à l'année considérée (ex : 2019 : 10 500 €)
Puissance fiscale (si réception CE absente) 3 CV = 250 € ; 15 CV et + = 70 000 € (barème chevaux fiscaux 2025) 3 CV = 500 € ; 15 CV et + = 80 000 € (barème 2026, valeurs rehaussées)

Malus poids : barème et exemptions 2025/2026

Critère Taxe au poids 2025 Taxe au poids 2026
Seuil de taxation > 1 599 kg (à partir de 1 600 kg) > 1 499 kg (à partir de 1 500 kg)
Tranche 10 €/kg 1 600 à 1 799 kg 1 500 à 1 699 kg
Tranche 15 €/kg 1 800 à 1 899 kg 1 700 à 1 799 kg
Tranche 20 €/kg 1 900 à 1 999 kg 1 800 à 1 899 kg
Tranche 25 €/kg 2 000 à 2 099 kg 1 900 à 1 999 kg
Tranche 30 €/kg ≥ 2 100 kg ≥ 2 000 kg
Abattement hybrides 100 kg si moteur électrique ≥ 30 kW Identique 2025 (100 kg maintenu jusqu'en 2028)
Abattement micro-hybrides 100 kg si < 30 kW (jusqu'à fin 2026) 100 kg (dernier : 2026, supprimé en 2027)
Abattement PHEV (Nouveau 2025) 200 kg si autonomie > 50 km 200 kg (maintenu jusqu'en 2028)
Exonération VE Électriques/hydrogène exonérés Exonérés, sauf VE sans bonus : 600 kg d'abattement dès juil. 2026
Exonérations handicap Véhicule TPMR ou titulaire carte invalidité : exonération totale Identique 2025 – 1 seul véhicule exonéré par bénéficiaire
Plafond cumulé Total malus (CO₂+poids) ≤ 70 000 € Total malus ≤ 80 000 € (plafond supprimé d'ici 2028)

Ce qui ne change pas (en 2026) :

Importer une voiture d'occasion de l'étranger : malus à prévoir ?

Si vous achetez à l'étranger un véhicule d'occasion pour l'immatriculer en France, la situation est différente. L'immatriculation en France sera considérée comme une 1ère immatriculation dans le pays, et à ce titre, le malus écologique s'applique (CO₂ + poids) tout comme pour un véhicule neuf. Toutefois, le calcul du malus prend en compte l'historique du véhicule : on utilise le barème de l'année de première immatriculation du véhicule (dans son pays d'origine), puis on applique un abattement lié à l'âge du véhicule.

En pratique : lorsque vous faites votre demande de carte grise française pour un véhicule importé, l'ANTS va exiger le paiement du malus sur la base de l'année modèle du véhicule. Un coefficient de décote forfaitaire réduit le montant en fonction de l'ancienneté (voir tableau ci-après). Plus la voiture est vieille, moins vous paierez.

Barème de décote selon l'âge du véhicule

Ancienneté du véhicule (en mois) Coefficient forfaitaire de décote (en pourcentage)
De 1 à 3 3
De 4 à 6 6
De 7 à 9 9
De 10 à 12 12
De 13 à 18 16
De 19 à 24 20
De 25 à 36 28
De 37 à 48 33
De 49 à 60 38
De 61 à 72 43
De 73 à 84 48
De 85 à 96 53
De 97 à 108 58
De 109 à 120 64
De 121 à 132 70
De 133 à 144 76
De 145 à 156 82
De 157 à 168 88
De 169 à 180 94
À partir de 181 100

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Conclusion : un malus 2026 durci, et ça va continuer…

Le cru 2026 du malus automobile en France marque un resserrement notable de la vis fiscale : davantage de véhicules "grand public" sont touchés, et les montants augmentent, parfois spectaculairement d'une année sur l'autre. Avec un seuil CO₂ abaissé à 108 g/km et un seuil poids abaissé à 1 500 kg, il devient difficile pour un acheteur de voiture neuve classique d'échapper complètement au malus. Même les modèles compacts ou familiaux efficients peuvent générer quelques centaines d'euros de taxe – une donnée à intégrer dans le prix. Quant aux véhicules haut de gamme thermiques, ils voient leur malus maximal grimper à 80 000 €, entérinant leur quasi-disparition du marché hexagonal (sauf pour une clientèle prête à payer l'énorme surcoût).

Et ce n'est qu'une étape : les lois de finances prévoient déjà les barèmes pour 2027 et 2028, avec un objectif affiché de 100 000 € de malus CO₂ maximum en 2028 et la fin du plafonnement combiné malus+poids. Le message aux consommateurs est clair : orienter les choix vers des véhicules plus sobres, plus légers, électrifiés ou carrément électriques. Les bonus écologiques (non traités ici) tentent d'accompagner en positif, mais c'est bien le bâton du malus qui fait réfléchir à deux fois avant d'acheter un gros moteur essence ou un SUV de 2 tonnes.

Pour les acheteurs d'occasion, la situation reste heureusement plus favorable en 2026 : aucun malus additionnel sur le marché domestique, et des malus réduits sur les imports d'occasion grâce aux décotes. Il est possible, via l'importation ciblée, de rouler dans une voiture plaisir ou familiale sans subir l'intégralité du malus 2026. Mais attention aux modifications réglementaires futures qui pourraient cibler plus largement le parc circulant. En attendant, maîtriser les règles du malus écologique vous permettra d'optimiser votre budget auto et d'éviter les (mauvaises) surprises lors de l'immatriculation.

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