Depuis le 1er mars 2026, le prix de la carte grise a augmenté dans plusieurs régions françaises. En cause : la revalorisation du tarif du cheval fiscal, décidée par les conseils régionaux pour faire face à la baisse des dotations de l'État. Résultat : une hausse moyenne d'environ 2,4 % à l'échelle nationale (chiffre indiqué par Service Public), mais des écarts bien plus importants selon votre lieu de résidence. Tour d'horizon des nouveaux tarifs, des régions touchées, et de ce que ça change concrètement pour votre portefeuille. Pour le tableau complet des tarifs par région et les exonérations « véhicules propres », voir aussi notre guide tarifs du cheval fiscal 2026 par région.
Le certificat d'immatriculation (communément appelé carte grise) n'a pas un tarif unique en France. Son prix final résulte de plusieurs composantes : une taxe forfaitaire fixe de 11 €, une taxe régionale, une taxe sur les véhicules polluants (le malus écologique) et des frais d'acheminement de 2,76 €.
C'est la taxe régionale qui pèse le plus lourd — et c'est elle qui varie d'une région à l'autre. Elle se calcule simplement : tarif du cheval fiscal × puissance administrative du véhicule (en CV). Chaque conseil régional fixe librement ce tarif unitaire, dans la limite d'un plafond légal fixé à 60 € par cheval fiscal (CV).
Concrètement, pour une voiture de 7 CV dans une région au tarif maximum de 60 €, la seule taxe régionale s'élève à 420 €. Dans une région à 42 €, ce même véhicule ne paiera que 294 € — soit 126 € d'écart pour une immatriculation identique.
Quatre régions et un cas particulier ont modifié leurs tarifs à compter du 1er mars 2026 :
| Région | Tarif 2025 | Tarif 2026 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Corse | 43 € | 53 € | +10 € (+23,5 %) |
| Nouvelle-Aquitaine | 53 € | 58 € | +5 € (+9,4 %) |
| La Réunion | 57 € | 60 € | +3 € (plafond atteint) |
| Provence-Alpes-Côte d'Azur | 59 € | 60 € | +1 € (plafond atteint) |
| Île-de-France | 54,95 € (CV) | 54,95 € + 14 € forfait | 68,95 € au total* |
* La majoration francilienne de 14 € est d'origine législative nationale (loi de finances 2026) et non régionale ; elle passera à 12 € en 2027.
C'est en Corse que l'augmentation est la plus marquée : +10 € par cheval fiscal, soit une progression de 23,5 % en un an. L'assemblée territoriale a justifié cette hausse par la nécessité de dégager des recettes supplémentaires estimées à environ 5 millions d'euros pour financer ses infrastructures locales.
La Nouvelle-Aquitaine augmente son tarif de 53 € à 58 € par cheval fiscal. Pour un véhicule de 5 CV, la taxe régionale passe d'environ 265 € à 290 €. La région invoque la hausse de ses dépenses dans les transports collectifs et les aides aux entreprises pour justifier cette décision.
Provence-Alpes-Côte d'Azur et La Réunion rejoignent le club des régions au plafond maximal légal de 60 € par cheval fiscal. Elles s'ajoutent à la Bretagne, la Normandie, le Grand Est, le Centre-Val de Loire et la Bourgogne-Franche-Comté, qui avaient déjà atteint ce seuil. Au total, sept territoires facturent désormais le tarif maximum autorisé par la loi.
Le cas francilien est unique en France. Le tarif du cheval fiscal y reste fixé à 54,95 €, mais la loi de finances 2026 impose une majoration forfaitaire de 14 € par certificat d'immatriculation, portant le tarif effectif à 68,95 € par CV — bien au-delà du plafond théorique de 60 €. Cette dérogation législative vise à financer le manque à gagner d'Île-de-France Mobilités, estimé à 88 millions d'euros par la présidente de région Valérie Pécresse. Résultat concret : immatriculer une citadine de 4 CV en Île-de-France coûte désormais 247,76 € au lieu de 233,76 €.
Toutes les régions n'ont pas suivi le mouvement. Plusieurs ont maintenu leur tarif stable, offrant un répit bienvenu aux automobilistes locaux :
À noter : les Hauts-de-France envisagent une hausse prochaine, et leur tarif passera à 43 € à partir du 1er avril 2026.
Derrière la multiplication des hausses, un mécanisme structurel : les régions françaises sont de plus en plus contraintes budgétairement. La baisse des dotations de l'État, conjuguée à l'augmentation de leurs charges (transports, enseignement supérieur, investissements infrastructures), les oblige à chercher des recettes alternatives.
La taxe sur les certificats d'immatriculation est l'un des rares leviers fiscaux restant aux mains des régions. Tant que le plafond légal n'est pas atteint, elles peuvent l'ajuster librement. Et ce plafond lui-même est menacé d'être relevé : les sénateurs avaient proposé de le faire passer à 70 € par cheval fiscal dans le projet de loi de finances 2026, avant que cette disposition soit écartée par le recours au 49.3. La mesure n'est pas abandonnée et pourrait revenir dès 2027.
Pour les acheteurs de véhicules importés ou les propriétaires souhaitant faire homologuer un véhicule étranger, l'addition peut s'avérer particulièrement salée. En effet, le coût de la carte grise ne se limite pas à la taxe régionale : il faut également intégrer le malus écologique (taxe CO₂ et, depuis 2024, la taxe sur le poids) ainsi que les frais liés à la réception à titre isolé (RTI) pour les véhicules non homologués en France.
Dans ce contexte, la hausse du cheval fiscal vient alourdir une facture déjà significative. Pour un véhicule soumis à malus et immatriculé en Île-de-France ou en Normandie, la facture totale peut facilement dépasser plusieurs milliers d'euros. Pour estimer le malus avant achat, consultez notre simulateur de malus et le détail des barèmes sur la grille malus 2026 ; pour l'import, voir aussi notre article importation de véhicules d'occasion en Europe.
Autre évolution majeure de 2026 : la carte grise gratuite pour les véhicules électriques n'est plus automatique. Depuis mai 2025, l'exonération de la taxe régionale dépend du bon vouloir de chaque région. En 2026, les Hauts-de-France sont la dernière région à accorder une réduction — de 50 % seulement (contre 100 % en 2025) à partir du 1er avril.
Cette évolution relativise l'avantage financier lié à l'électrique sur le seul poste « immatriculation », même si dans les régions à 60 € de cheval fiscal, l'exonération représente encore une économie substantielle pour les flottes professionnelles.
Le simulateur officiel disponible sur service-public.gouv.fr permet d'obtenir un calcul précis intégrant l'ensemble des composantes : taxe régionale selon votre commune, malus écologique, taxe sur le poids et frais d'acheminement.
Pour estimer rapidement, retenez cette formule de base pour la taxe régionale :
Nombre de CV fiscaux × Tarif régional du cheval fiscal = Taxe régionale
Vous souhaitez simuler le malus ou le coût complet d'un véhicule importé ? Notre simulateur intègre les barèmes 2026 mis à jour.
Les Hauts-de-France affichent le tarif le plus bas avec 42 € par cheval fiscal (43 € à partir du 1er avril 2026). Auvergne-Rhône-Alpes suit avec 43 €. Pour un véhicule de 7 CV, la différence peut dépasser 120 € par rapport aux régions au plafond de 60 €.
Pour un véhicule de 4 CV, le coût total en Île-de-France est de 247,76 € (taxe régionale à 68,95 €/CV + taxe fixe 11 € + acheminement 2,76 €). La majoration de 14 € par véhicule s'applique à tous les propriétaires résidant en région francilienne.
Oui. Le Sénat a proposé de relever le plafond de 60 € à 70 € par cheval fiscal dans le cadre du PLF 2026. Cette disposition a été écartée par le 49.3, mais n'est pas abandonnée. Elle pourrait revenir dans le budget 2027. Certaines régions au plafond actuel ont ainsi atteint leur maximum légal de revalorisation et attendent ce feu vert pour aller plus loin.
Plus automatiquement. Depuis mai 2025, chaque région décide librement d'accorder ou non une exonération. En 2026, seuls les Hauts-de-France maintiennent une réduction (50 % à partir d'avril). Les autres régions n'accordent plus d'exonération sur la taxe régionale pour les véhicules électriques.
Les montants et dates sont donnés à titre informatif ; en cas de doute, privilégiez les sources officielles ci-dessus et le simulateur de prix du cheval fiscal pour votre commune.
Estimez votre malus : Calculer mon malus